SILIKOTI

Nouvel Album

L'album illustré en Bande Dessinée

  SILIKOTI

 

L’écriture du projet SILIKOTI a commencé après que j’ai gagné le prix UNESCO ASCHBERG.

 

Je suis parti en résidence de création à MONTREAL pour travailler avec les artistes de l’autre côté du monde, ça a bien marché, nous avons fait quelques concerts puis je suis rentré en France.

 

En 2011, je suis reparti au Congo toujours à la recherche du son de mélange, j’ai travaillé à KINSHASA et LUBUMBASHI pour comprendre l’origine du BRAKKA et son fonctionnement. A mont retour en France, j’ai commencé la réalisation au Studio YOKA MUZIC avec des musiciens professionnels qui m’accompagnent sur scène depuis quelques années : Désiré NKOUNDOU, Christian BOCANDE, Brice ESSOMBA, Lyrrix LUKUSA et Mitshi NSINGANI.

 

Mais j’avais le souci de ne pas faire comme mes albums précédents, je voulais donc faire également participer d’autres artistes et amis pour qu’ils apportent leurs différences dans le projet. J’ai alors fait appel à mon grand frère SO KALMERY, il m’a beaucoup aidé et dirigé pour les choix de morceaux, l’écoute du mix…, avec lui on a chanté VIEUX CHERIF.

 

Ensuite, mon ami Gaël FAYE, qui m’avait invité sur son album PILI PILI SUR UN CROISSANT AU BEURRE (Universal music – Mercury records), m’a renvoyé l’ascenseur en venant chanter avec moi   TÔT OU TARD.

 

La route du mélange nous fait chanter, avec Freddy MASSAMBA pour avoir d’autres sonorités de langue on a interprété LITSHIO, dans le même cadre de sonorité j’ai fait appel à MOUNAS JOHNSON qui vient du Sénégal.

 

La dernière personne à m’avoir accompagné est Gaëlle COTTE sur la chanson GIZA YA USIKU. Ensemble, nous avons également un projet en duo pour lequel nous avons gagné le prix de la Sacem en 2009 avec mes compositions.

 

Ray LEMA est également venu m’appuyer pour l’écoute de mise à plat et me conseiller.

Voilà l’histoire du disque SILIKOTI dont l’idée est de faire la connexion des trois continents et univers que sont l’Europe, l’Afrique et l’Amérique.

 

Et pour conclure mon idée, j’ai travaillé avec Alain KOJELE, dessinateur, pour illustrer mon album en bande dessinée. Barly BARUTI est également venu me conseiller sur cette partie.

 

Le reste de l’équipe du Projet

 

Photo pochette : Dicoco BOKUNGU

Photo livret : Kab MWKY

Graphisme : Mélinée Faubert

                                                                           

Regardes-donc ce qu’ils sont devenus.

Ce sont des « shegue », ils dorment dans la rue.

Nous ne nous posons pas la question de savoir ce qui leur est arrivé,

Pourquoi en sont ils arrivés là ?

Nous ne nous posons pas cette question.

Au lieu de les insulter, demandons-nous pourquoi cet état de fait ?

 

Aujourd'hui demandons-nous pourquoi tu en es arrivé là ?

Mon ami, je suis là parce que je m'y sens bien.

Aucun ennui, aucune contrariété.

Je suis bien à l'aise en compagnie de mes amis de la rue, mes frères d'infortune.

 

Mon oncle ne trouve pas de travail,

A l'Eglise on a dit que je suis un sorcier,

J'ai été chassé par ma famille.

 

Je ne suis pas très costaud et si tu m'observes bien, tu verras que j'ai une bosse sur le front.

Avec les galères que j’ai eues, les voisins de quartier trouvent que j'ai la poisse.

En fait c'est la faute du médecin qui lorsque ma mère me portait dans son ventre,

lui donna des médicaments défectueux.

Tout cela m'a rendu malchanceux et on m'appelle sorcier.

 

Arrêtons de prendre les enfants pour des sorciers parce qu'on l'a dit dans telle ou telle église.

Le mensonge de certains pasteurs a jeté les enfants en pâture dans la rue.

Ils dorment dehors et sont devenus des voleurs, tout cela pour un morceau de pain.

Ils ont demandé de l'aide mais nul ne leur a tendu la main.

Ils ont donc commencé à arracher les sacs à mains, à voler l'argent et les

portables n'en parlons pas…

 

Les médecins et les pasteurs ont métamorphosés les enfants en pierres.

Ces enfants sont dans la rue et nous restons bouche-bée, les bras ballants

Soyons donc responsables !

Ndoza Menga

Avec un coeur mauvais, il ne fait que déranger mes nuits,

Vieux sherif est devenu un chien de faïence.

La crise économique est passée par là, elle lui a enlevé de sa superbe.

Par le passé, la terre tournait encore rond, le monde était encore viable.

 

Si tu t'apprêtes pour sortir,

Si tu mets une jupe courte,

Ce sera celui qui te tirera les oreilles. 

 

Lui ne sort jamais, il est très casanier.

Il veille sur sa famille comme sur la prunelle de ses yeux.

 

Dans l'ombre, ils se réunissent pour médire de tout le monde.

Ils ont des jumelles dans les yeux, ils cherchent toujours les problèmes avec autrui.

Aujourd'hui, les ventres sont vides car la crise est croissante.

 

Plus de salaire, plus d'argent, plus de pouvoir.

Désormais nous sortons comme nous le voulons,

Le vieux ne dit plus rien.

Il passe son temps avec ses potes assis dans la véranda.

 

Les jours défilent et ils passent leurs temps à jouer aux dames sous le bananier.

Même si tu passes en jupe, il ne dira mot.

 

Il nourrit sa famille avec peu de moyens,

Le vieux sherif est devenu un chien de faïence.

 

 

Vieux Sherif

PYTSHENS KAMBILO